Visite de Jovelle


Visite du site de Jovelle, des châteaux du bourg de La Tour Blanche, de moulins, citerne et puits à Cercles

Samedi 29 juin, le Club Histoire et Patrimoine de La Tour Blanche avait convié les habitants à se joindre à une visite du site de Jovelle, du bourg de La Tour Blanche et de ses deux châteaux, de deux moulins, de citerne et puits à Cercles, organisée à la demande de l’Association du Patrimoine, Recherche Etude et Découverte de Saint-Estèphe (APRED).
 Vu le nombre de participants (53), pour la matinée, trois groupes ont été constitués ainsi que trois itinéraires.  Le premier concernait la grotte ornée, le second passait au-dessus pour découvrir les carrières de meules et le château, le troisième a visité la carrière souterraine ouest du site. L’après-midi, après un copieux repas au restaurant la « fin de la faim », et malgré la canicule, l’ensemble des participants a visité le reste des lieux indiqués plus haut.
A Jovelle, après une courte présentation du programme sur le terre-plein sud, les visiteurs de la grotte ornée ont été pris en charge par M. Jean-Pierre Chadelle, archéologue au Service Départemental de l’Archéologie, qui porte la responsabilité du chantier depuis son début. Il leur a fait découvrir les mammouths gravés et expliqué l’écroulement de la paroi sud de la grotte et les nombreuses recherches qu’il reste à accomplir. Le groupe des carrières de meules a suivi Francis Girard, président du GRHIN, qui leur a montré les cuves d’extraction de meules les plus anciennes (XIème, XIIIème siècles), puis les plus récentes. La pierre de Jovelle a une bonne réputation, elle n’est pas gélive et résiste à l’eau, si pour la construction elle est excellente, pour les meules de moulin, elle s’use très vite et donc nuit à la qualité de la farine. Aussi dès que cela a été possible, les minotiers se sont adressés ailleurs, notamment à Saint-Crépin, où la pierre est plus dure. Restant sur les hauteurs, le groupe s’est ensuite dirigé vers le château, en a observé les quelques restes et a opéré son retour. Quant au troisième groupe, confié à notre président, Gabriel Duverneuil, muni d’une petite laine et de lampes, il s’est mis au frais dans la carrière ouest, où il a pu admirer les graffitis des carriers, s’initier au dur travail des carriers et de l’éclairage à la lampe à pétrole, puis au travail des producteurs de champignons, qui n’était pas facile non plus. Ils ont pu se rendre compte du travail effectué sur ces chantiers par le Club Histoire (fouilles, recueil des graffiti etc.)
Avec un peu de retard, la plupart de nos visiteurs s’est retrouvée devant un repas bien mérité.
L’après-midi, en recherchant les endroits ombragés, les participants ont écouté les commentaires de G. Duverneuil sur l’histoire du bourg, de ses châteaux et des personnages qui ont marqué son histoire. Cela fut fait en commençant par le château Renaissance, situé dans le centre du bourg, dont ils ont pu observer l’évolution architecturale (il sera terminé au début du XVIIe siècle) puis le château médiéval campé sur sa motte féodale. Ils se sont transportés ensuite sur le territoire de l’ancienne commune de Cercles, au moulin de la Bernerie où ils ont pu observer sa machinerie intacte : trois paires de meules, une meule à noix et le pressoir à huile ; puis sur le site du moulin à vent des terres blanches, restauré et en état de produire de la farine. Ils ont terminé, sous une chaleur écrasante, ce petit tour du patrimoine dédié à l’eau avec la visite de deux de ses fleurons : la citerne de Maumasson et le puits du Claud.
Que ceux qui n’ont pu participer à cette journée se rassurent, Le samedi 7 septembre une journée découverte du même type sera organisée par le Service Départemental d’Archéologie et le Club Histoire, avec la même restriction pour que les visites se déroulent dans de bonnes conditions : les inscriptions seront limitées à 45 personnes.  
André Vigne




          1_Château de Nanchapt (3)

                                                                   2_château médiéval de La Tour Blanche -

                                                                              3_entrée de la grotte de Jovelle -

                                                                           4_Jovelle_mammouth -

                                                                                                5_Jovelle 1900 -

                                                                                   6_Jovelle-carrière à ciel ouvert -

                                                                                     7_Puits du Claud -

                                                                                8_Citerne de Maumasson

                                                                       9_Moulin à vent des terres blanches

                                                                                   10_moulin de la Bernerie


C.R de la Conférence du docteur Alain Clément du 28 mai 2019



Lèpre, lépreux et léproseries en Périgord


Le docteur Alain Clément, s’est occupé des maladies tropicales et de leur histoire, il nous parle, ce soir, de la lèpre sous la forme d’une vision croisée : médicale, historique et sociétale et enfin, de la Tour Blanche et sa région.
C’est une maladie bactérienne qui se transmet presqu’exclusivement entre humains, l’une de ses caractéristiques est de s’attaquer à la fois à la peau et au système nerveux ce qui aboutit à des amputations spontanées. Elle n’est pas aussi contagieuse qu’on l’a dit, cependant, il faut attendre 1942 pour trouver des remèdes efficaces. Son génome a été identifié en 2000.
Du point de vue sociétal, si durant l’Antiquité la lèpre a été considérée comme une punition des Dieux, le haut Moyen-âge l’a acceptée avec pragmatisme et par le clergé (conciles) et par le pouvoir temporel (Charlemagne, Pépin le Bref). Au Moyen-âge classique, contemporain au développement économique, social et démographique, on construit des léproseries (entre 2000 et 4000 dans notre pays) dans un esprit de rigueur : semi-isolement, costume particulier, mais aussi de consolation des lépreux. Les documents attestent une rupture brutale en 1321, avec une férocité de l’ensemble du corps social envers les lépreux, le sud-ouest n’est pas épargné ; la fin du règne de Philippe le Bel voit s’accroître la misère et la répression (procès des Templiers, dépouillement des juifs, révolte des « pastoureaux », etc…). La grande peste de 1347 ajoutée à la lèpre diminue considérablement la population ce qui a pour effet de diminuer le nombre des lépreux. Au XVIème siècle, il y a davantage de descendants de lépreux que de véritables malades, ce qui n’empêche pas leur ségrégation. Il est utile de connaître les noms qui leur sont attribués : ladres blancs, blanquets, cagots et autres caquets, qu’on peut trouver dans les textes ou les toponymes.
La lèpre a quasiment disparu à la fin du XVIIème siècle, elle nous laisse en souvenir les lépro- series ou leurs vestiges. Notre conférencier s’est livré à un précieux travail de généalogie pour montrer les mariages entre lépreux et même entre membres de léproseries différentes, à Cercles, les Durand et les Marcelot par exemple sont des noms qui reviennent au fil des générations. On dispose d’archives sur les léproseries de Nontron, La Rochebeaucourt/Edon et Cercles. Le docteur Clément, qui est poète, offre enfin à l’auditoire deux textes de poètes lépreux écrits à six siècles d’intervalle donnant des expressions littéraires de la maladie. Puis, il répond aux nombreuses questions posées par le public et nous promet une publication sur ce sujet.
95 personnes ont assisté à cette conférence.
André Vigne