Présentation des fouilles archéologiques en cours sur 3 sites de La Tour Blanche

 

Présentation des fouilles archéologiques en cours sur 3 sites de La Tour Blanche :

Grotte ornée de Jovelle 

 Carrières à ciel ouvert du bois de Halas-Jovelle 

et le Cluzeau aux sept chambres chez Thézy.
 
Le maire de La Tour Blanche, Daniel Bonnefond commence par remercier tous les archéologues qui portent ces chantiers, les bénévoles qui les animent et les organismes qui les soutiennent : le Service Régional de l’Archéologie (SRA : représenté par M. Hervé Gaillard), le Service Départemental de l’Archéologie (SDA : représenté par sa directrice : Me Mathilde Regeard), le Conseil Général et le Conseil Départemental (représenté par M. Didier Bazinet) et la mairie. Enfin il tient à décerner une mention particulière à Gabriel Duverneuil pour son engagement et son implication dans la commune.
Hervé Gaillard décrit les actions du SRA qui appuie et soutient les opérations d’archéologie programmées (c’est-à-dire consacrées à une recherche précise) pour promouvoir « une archéologie heureuse ». Il remercie les membres du Club Histoire de cette commune, très impliqués dans les opérations archéologiques.



Mathide Regeard précise que peu de département ont créé un service d’archéologie. En Dordogne, il existe depuis 1980 et comprend une dizaine de personnes. Ses interventions s’articulent entre les fouilles programmées et une archéologie préventive (sur les grands chantiers de route, ou de construction divers).
Il y a une quarantaine d’opérations programmée sur le territoire départemental, et le service en soutient une douzaine. Sur la commune de La Tour Blanche, le SDA conduit la fouille de la grotte ornée de Jovelle et soutient 2 opérations : les carrières à ciel ouvert et le cluzeau de Chez Tézy dans le cadre de l’accompagnement des bénévoles et le soutien à de jeunes chercheurs.



 
Gabriel Duverneuil prend la parole pour remercier à son tour les partenaires de ces opérations, en particulier Hubert Pradier, le topographe géomaticien du SDA ainsi que tous les bénévoles du club Histoire & Patrimoine de La Tour Blanche et commence cette présentation par les carrières à ciel ouvert du bois de Halas-Jovelle.
Il commence en montrant une projection réalisée par le Lidar qui montre le relief avec une très grande précision. Ainsi on peut voir toutes les carrières de la région. La commune de La Tour Blanche est effectivement très riche en carrières dans lesquelles on a extrait la pierre dite « pierre de Jovelle ». L’opération archéologique a débuté en 2022 par un inventaire des carrières au sud du château de Jovelle et dans le bois de Halas, de part et d’autre d’une ancienne route de communication, aujourd’hui chemin de randonnée. 80 carrières ont été recensées et fait l’objet de fiches détaillées qui seront reportés sur un Système d’Informations Géographique (SIG, réalisé par Victor Fréval, sous la supervision d’Hubert Pradier).
Pour préciser la chronologie d’une éventuelle occupation et comprendre les modes d’extractions et les outils utilisés, 4 carrières ont été sélectionnées pour y faire des sondages puis des fouilles éventuelle (les carrières 10, 12, 38 et 47).
Dans la carrière 10 (C 10) on a pu mettre en évidence deux méthodes d’extraction : au pic durant une première phase ; puis à l’escoude périgourdin appelé piche et à la scie au cours d’une deuxième phase, entre 1800 et 1850.
Cette année a été consacrée à préciser la chronologie de la première phase, grâce à la fouille de la C 12 et l’étude de la stratigraphie des C 10 et 12. La fouille vient de se terminer mais on peut déjà avancer que dans la C 12 on a utilisé seulement le pic et que des niveaux d’occupation viennent ensuite s’installer sur le sol de cette carrière. Ces différents niveaux sont médiévaux, au vu de la céramique retrouvée ; il faut attendre les résultats des analyses pour plus de précisions.



 
Alexandre Michel, du SDA, prend ensuite la parole pour expliquer le chantier de la grotte ornée de Jovelle, dont il assure la direction depuis 5 ans. Après la découverte en 1984, il faut attendre l’achat de la grotte par le Département en 2006, puis une couverture et une clôture en 2020 pour commencer des opérations archéologiques d’envergure. Le lieu était connu par les carrières, exploitées depuis le XVIe siècle mais surtout entre 1840 et 1980. L’’exploitation de la pierre a provoqué des dégâts importants, tel que l’effondrement d’une partie du plafond, creusement de galeries etc.
Les objectifs des campagnes archéologiques sont de faire un état sanitaire de la cavité et de ses alentours, déterminer la chronologie de l’occupation grâce à, entre autres, des études photogrammétriques, lasergrammétriques, géophysiques, et du ramassage de surface.
Cette grotte a été occupée pendant la période Aurignacienne, Gravettienne, Néolithique (sépultures primaires et par crémation), Age du fer, Médiévale. L’équipe de fouilles concentre ses efforts sur deux sondages, l’étude géo archéologique, inventaire, étude du mobilier (silex, ossements).
Cette année, en complément de la fouille de la grotte ornée, sont fouillées deux autres cavités, Jovelle 2 et 3. Il s’agit de deux tanières d’Hyènes des cavernes, dont la fouille est supervisée par Jean-Christophe Castel du Museum d’Histoire Naturelle de Genève.





 
Simon Chassin intervient ensuite pour nous présenter le cluzeau aux sept chambres à Chez Tézy.
Après avoir remercié les différents partenaires qui soutiennent ce projet, il relate les informations des années précédentes. Le cadastre du XIXe siècle porte la mention « aux fours de la Chaux ». Le lieu, dénommé alors « souterrain-refuge », a été découvert en 1974 par Serge Avrilleau qui en fait un relevé topographique. Le nouveau relevé réalisé en 2019 présente des différences importantes mise en évidence grâce à un appareil de mesures plus sophistiqué :
le lasergrammétre.
La campagne archéologique qui démarre en 2019 veut établir une liaison entre la surface et le sous-sol : en surface une exploitation de carrières,
des trous de poteaux, des silos ; en sous-sol un cluzeau comportant 7 pièces.
En 2021 a lieu la première étude architecturale du souterrain établie par Jeanne-Flore Collon. Elle montre que ce lieu n’a visiblement pas pu recevoir des humains, en particulier car les fermetures des salles sont bloquées de l’extérieur de la pièce et aussi par l’exigüité des salles, dans lesquelles on ne pas se tenir debout. Dès lors l’équipe de travail s’oriente plutôt vers la fonction d’un lieu destiné à parquer des animaux.
Un autre aspect de la campagne d’étude consiste, en plus d’établir une chronologie de l’occupation des chambres, à comprendre le fonctionnement de la ventilation et de l’arrivée des eaux pluviales. En effet, le cluzeau possède des puits d’extractions qui ont servi à sortir les pierres lors du creusement des salles mais également à assurer une bonne ventilation des pièces et amener l’eau grâce à des rigoles aménagées en surface et canalisés en sous-sol par des tranchées creusées verticalement dans ces puits. La chronologie de l’occupation s'étale, à ce stade de la campagne du XIIIe au XVe siècles.

ARTICLE DU SUD-OUEST




Environ 80 personnes ont assisté à ces présentations et se sont retrouvées pour poursuivre les discussions autour du verre de l’amitié offert par la municipalité.




Compte-rendu : Marie Palué