Blason de la Tour Blanche



"Grâce à la préparation de la Félibrée dans le canton de Verteillac et à la recherche de blasons pour les différentes communes, nous avons le plaisir de porter à la connaissance de tous les passionnés d'histoire que vous êtes l'histoire du blason des La Tour/Salagnac qu'Alain de La Ville  architecte à Verteillac a eu l'amabilité de nous résumer dans le texte qui suit.

Le Club histoire Mémoire et patrimoine de La Tour Blanche et des environs c'est aussi cela, le partage des connaissances et des informations, que Mr Alain De La Ville  en soit chaleureusement remercié. "

 
Note à propos du blason de La Tour Blanche
A. de  La Ville – février 2014-02

En 1791 ou 1792, César de La Brousse marquis de Verteillac émigre, et ses biens sont mis sous séquestre : château du Parterre à Dourdan, château de Saint Mesme, château de la Tour Blanche et ses possessions , la ferme fortifiée de la Feuillade, et ce qui nous intéresse ici, le vieux château de Verteillac, qui était en haut de la place, là ou est le monument aux morts, adossé à l’ancienne route qui descendait tout droit le  long de l’ancienne gendarmerie.
De retour d’émigration, César obtient la main levée d’une grande partie de ses biens… à l’exception notamment du château de Verteillac, qui avait été vendu comme bien national. Il intente alors un procès avec la commune, poursuivi après son décès en 1805, par son fils François, pour recouvrer cette vieille demeure éponyme à la quelle la famille reste très attachée, même si elle n’y réside plus depuis des lustres.
En raison semble-t-il d’un échange de propriété entre la commune et la nation qui amène des complications juridiques, le procès s’éternise jusqu’en 1826, date à laquelle François de La Brousse obtient enfin gain de cause. Il ne rentre en possession de son bien qu’en 1830. Mais après ces presque 4 décennies sans entretien, l’édifice menace ruine et face au péril d’effondrement, un arrêté préfectoral en impose la démolition.
François de La Brousse, de dépit, liquide définitivement tous ses biens à La Tour Blanche et Verteillac, et la liste est longue. Les matériaux du château servent à bâtir entre autres 2 maisons sur des parcelles voisines vendues par le propriétaire de la Meyfrenie, M. Ducluseau. Celle faisant l’angle avec les routes de Grand Brassac et de Ribérac, face à l’actuelle poste, est une auberge.
En 1943, dans cette maison appartenant désormais à la famille Maigne, on découvre à la faveur de travaux une pierre armoriée, provenant d’un linteau de porte ou de cheminée. La sculpture représente un écu en bannière, écartelé aux armes des Salagnac et La Tour (de La tour Blanche). Les Salagnac ou Salignac, co-seigneurs de Verteillac de la fin du XIV° ou début du XV° s. jusqu’à la moitié du XVI° s. , ont acquis la seigneurie par une alliance avec une La Tour, dont témoigne cette pierre. Verteillac, dépendait en effet de la châtellenie du Chapdeuil, qui était primitivement une possession de la famille de La Tour.
La découverte fait l’objet d’échanges entre les érudits et passionnés locaux. Camille Merlaud en fait un dessin recopié par mon grand père Lucien Guinard, gardé dans les papiers de la Meyfrenie. La pierre sera conservée par Gabriel Palus, éminent amateur d’histoire et d’archéologie locale. A la mort de ce dernier, ses héritiers vendent et dispersent ses papiers et souvenirs.

Dans les années 1985, rendant visite à un ami historien du côté d’Agonac, je vois une pierre armoriée sur sa cheminée qui me semble familière. “Elle ne peut que vous parler, puisque“, me dit-il, “elle vient de chez vous : elle est un vestige de la démolition du château de Verteillac. Je l’ai rachetée jadis aux héritiers de Gabriel Palus.“  Je trouvai déjà ce hasard généreux, mais quelques 20 ans plus tard, cet ami m’a offert la pierre en me disant qu’il aurait plaisir à la voir revenir dans son lieu d’origine. A défaut de pouvoir lui restituer sa place exacte, je l’ai scellée avec déférence, et une reconnaissance particulière pour cet ami mécène de notre histoire, dans un mur de la Meyfrenie.

Ce blason se décrit ainsi :
Aux 1 et 4  d’or, à 3 bandes de sinople, qui est Salagnac ; aux 2 et 3 de (couleur inconnue) à la tour donjonnée de 3 pièces (d’argent ?), ajourée et maçonnée (de sable ?), qui est La Tour. La forme de ce blason est connue également par le sceau de Pierre de la Tour (vivant au XIV° s.), sceau qui figure dans la “Sigillographie du Périgord“ (1880)
Les couleurs des armes Salagnac sont connues, or (jaune), et sinople (vert) en langage héraldique.
Celles des La Tour ne le sont pas. Mais on peut estimer sans risque que la tour est blanche (argent), et les joints tracés en noir (sable).
En héraldique, les métaux (or et argent)  sont toujours sur un fond d’émail (couleur), ou inversement. La tour d’argent, ressort alors sur un fond d’azur (bleu), de gueules (rouge) ou de sinople (vert).

Le blason de la ville n’étant pas obligatoirement exactement celui de la famille éponyme, les habitants de La Tour Blanche peuvent choisir sans scrupule l’émail de fond qui sied le mieux à leur goût.
Une manière de ne pas faire d’erreur, serait de choisir un fond en deux couleurs (voir la proposition)



Blason de la Tour Blanche.   

Note de Camille Merlaud




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