Compte-rendu du Club Histoire et Patrimoine de La Tour Blanche du 25 Janvier 2016.


             

La réunion a rassemblé une vingtaine de personnes et G. Duverneuil a présenté les points suivants :

  1. Bilan des activités du Club en 2015

  1. Conférences, visites, randonnée historique et rencontres historiques :

-Du Ive au Xe siècle, les débuts du christianisme en Périgord par H. Gaillard

-Visite du Château de Comarque et de la grotte de Bernifal (45 participants)

- Jaquette de Montbron, féministe et humaniste de la Renaissance par M. Lebeaux (120 p.)

-Randonnée-découverte de l’histoire et du patrimoine de Verteillac (135 p.)

-Le voyage des peintres en Italie par L. Bolard. (80 p.)

-Les rencontres historiques du 21 Nov. : «L’argile, le fer, la pierre » (95 p.)  avec : J. Bonnenfant, Y. Duteil, A. Guillin, C. Chevillot, G.Duverneuil, A. Rénier, F. Gérard, S. Baron.

b) Archéologie

Une convention a été signée entre le Club Histoire et le service départemental d’archéologie pour un programme concerté de recherches (PCR) sur Jovelle.

-Relevé des graffiti de la carrière de Jovelle.

- Participation aux sondages de la carrière de meules située au dessus de la grotte ornée.

c)Compléments aux 2 tableaux chronologiques

-90 entrées nouvelles dans celui concernant l’histoire de La Tour Blanche et des environs.

-1000 entrées issues des registres paroissiaux et des actes notariés entre 1680 et 1790

d) Publications du Club Histoire en 2015 :

Hommage aux résistants de La Tour Blanche et des environs

  1. Programme 2016 : voir annexe jointe.
  2. Publications prévues pour 2016 :

- «  P.L. Boutin, enfant de la Tour Blanche, jésuite missionnaire à St Domingue. L’Eglise et l’esclavage » par G. Duverneuil

- Découverte d’une partie de l’Histoire et du Patrimoine de Verteillac par A. de la Ville et G. Duverneuil

  1. Suggestions pour 2017 :

Visite guidée de Varaignes et Puyguilhem par Mélanie Lebeaux

Randonnée historique sur le plateau d’Argentine et visite de La Rochebeaucourt

Randonnée historique à Cherval

Sujets de conférences proposés :

L’Antiquité tardive

Histoire des techniques jusqu’au Moyen Age

Art préroman et art roman.

Peinture italienne du XVII° et/ou Le Caravage par L. Bolard

Histoire du costume du moyen-âge à la renaissance

Le peintre C. Merlaud,

Le propriétaire de la Meyfrenie : Pasquey Ducluzeau

Eglises à façades saintongeaises du sud Charente

Le château de Versailles


Les participants se sont séparés sur la traditionnelle galette et le verre de cidre !
 
 

         PROGRAMME 2016
  • Lundi 15 février 20h 30 : De la difficulté de la restauration des monuments historiques par Alain De la Ville
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  • Lundi 21 mars 20h 30: Histoire de la cartographie par Alain Reilles
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  • Lundi 11 avril 20h 30: Pierre-Louis Boutin, enfant de La Tour Blanche 1673-1742, jésuite missionnaire à Saint-Domingue. L’église et l’esclavage par Gabriel Duverneuil
  • Jeudi
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  •  26 mai 9h: Visite du village de Brantôme avec Claude Labussière. Repas tiré du sac dans la grotte du jugement dernier
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  • Lundi 20 juin à 18h: Alsaciens et Mosellans en Dordogne pendant la deuxième guerre mondiale par Catherine et François Schunck suivi d’un repas italien
 
 
      .Samedi 9 juillet de 9h-18h: visite du site de Jovelle, grotte  
       ornée et différentes carrières avec le club histoire et Jean-       Pierre Chadelle
 

  • Samedi 3 septembre 9h: A la découverte du patrimoine historique de Fontaines avec François Giroux et Michel Vergnaud, suivi d’un repas organisé par l’amicale de Champagne et Fontaines
 

  • Samedi 24 septembre 16h conférence De Guillaume IX à Aliénor d’Aquitaine, dix chansons de troubadours. Par Katy Bernard, 18h spectacle avec  Rosa Salvatge

 
 

compte rendu

Rencontres historiques de la Tour Blanche
Samedi 21 Novembre 2015

Ces rencontres étaient placées sous le signe de l’histoire et de l’archéologie du fer, de la pierre et de la céramique en Périgord et rassemblaient près d’une cen- taine d’auditeurs.

Yvon Duteil décrit, à l’aide d’une projection de diapositives les étapes de la construction d’un bas-fourneau : sur un socle de pierre, on érigeait un four cylindrique fait d’un mélange de terre et de paille d’un diamètre de 30 cm. et d’une hauteur d’environ 1,20 m. le minerai de fer broyé était introduit avec du charbon de bois. Le feu devait porter le minerai à 1350° et laisser dans le bas du four une « loupe » qu’on transformait en lingot et des scories. A l’évidence, le four devait être détruit pour obtenir le métal. Ces fourneaux étaient souvent situés en bordure de vallon. Le conférencier a trouvé l’un de ces bas-fourneaux celtes daté de quatre siècles avant J.C.
Après avoir répondu à quelques questions, Yvon Duteil cède la parole à Jérémy Bonnenfant.
L’archéologue, qui a fouillé le site de Grand Bois, près du château d’Auberoche explique les trois technologies de la réduction du fer en bas-fourneau : la première à scorie piégée qu’on trouve au 8ème siècle avant J.C., la seconde qui rend le fourneau réutilisable, qu’on trouve vers le 1er siècle avant J.C., enfin la troisième à scorie écoulée jusqu’à l’Antiquité tardive. Au Moyen-Âge, le marteau-pilon hydraulique représente un progrès considérable dans le travail du fer, enfin, au 16èmesiècle, les souffleries deviennent plus puissantes. Le procédé devient indirect dans les hauts-fourneaux où les scories prennent le nom de laitier. Dans son travail d’archéologue, le conférencier cherche à tracer l’évolution du site qui représente 350 minières d’extraction jusqu’au 17ème siècle, des zones de charbonnage mais l’absence de forge. Les dimensions des bas-fourneaux sont données par le volume des scories, cependant, les rendements sont faibles. Notre conférencier répond à de nombreuses questions.

Puis, une pause permet aux auditeurs de se détendre, de se désaltérer en dégustant des pâtisseries, d’observerAlessiaRénier façonner la terre « à l’ancienne » en discutant poterie et à déambuler devant les expositions : vitrines de Christian Chevillotprésentant une belle collection de répliques de céramiques anciennes, Yvon Duteil ayant apporté du minerai de fer brut, du minerai broyé et une loupe. Une exposition très fournie permet de voir de nombreux outils de carrier, enfin, les ouvrages des intervenants sont offerts à la dédicace, d’autres livres peuvent être empruntés.

C’est Christian Chevillot, avec sa verve, sa passion et sa bonne humeur habi- tuelles qui reprend le micro pour présenter un vaste et détaillé panorama de la céramique sur 5000 ans. Née en Mésopotamie, son origine correspond à peu près à la sédentarisation des populations, elle nous parvient par deux parcours : la vallée Danube au nord et la Méditerranée au sud et se différenties par des décors bien précis. Elle sert à la conservation de la nourriture et à son élabo- ration. Les fonds sont hémisphériques, prouvant l’absence de surfaces de pose planes. Elle est obtenue grâce à un mélange d’argile et de sable ou de calcite, puis cuite par des procédés de plus en plus perfectionnés au fil du temps. L’intervenant projette de belles diapositives de copies de poteries anciennes, les originales étant reconstituées et très souvent incomplètes, les décors permettent de les dater et de les situer de même que les anses. Tous les décors sont géométriques et il faut attendre la fin de l’âge du bronze pour voir apparaître des décors animaux ou humains. On trouve des fonds plats à partir d’environ 3200 avant J.C. Christian Chevillot termine son exposé en passant en revue les divers types de vaisselles et en invitant, à l’occasion du salon du goût de Périgueux à un repas celte (il n’aime pas « gaulois », terme inventé par Jules César) au débutet romain en clôture.
 Notre intervenant répond à quelques questions et cède la parole à
 André Guillin qui retrace l’évolution des meules, instrument indispen- sable à l’écrasement des céréales et à la réalisation de farines. On en trouve plusieurs types : avant 300 avant J.C., la meule dite va et vient, qui broie simplement entre deux pierres manuellement, puis la meule rotative manuelle, au Moyen Âge la meule monolithique. Au 17/18ème siècle apparait la meule rayonnée et en quartiers, cerclée de fer. Dans l’inventaire effectué en 1809, la Dordogne est le deuxième département français en matière d’extraction de meules fournissant les moulins à vent, à eau du grand sud-ouest. Notre intervenant a étudié particulièrement les meulières de Domme dont la production s’étend sur plusieurs siècles. Celui-ci a retrouvé une commande de 4 meules date de 1778. Les utilisations sont multiples : blé, noix, olives, porcelaine, etc…et la qualité de la pierre est essentielle car l’usure de la pierre produit des parcelles abrasives mélangées à la farine par exemple et durant la période médiévale alors que le pain était fondamental, il usait les dents de la population. Une projection des documents collectés vient illustrer la conférence, dont la deuxième partie est consacrée à la polémique sur la qualité de la pierre, entre les meuliers de la Ferté-sous-Jouarre en Seine et Marne et les fabricants périgordins de meules. En 1881 une société la Société Générale Meulière de la Ferté installera une agence à Cénac. Notre conférencier termine sur une anecdote concernant le poids délirant d’un marteau de carrier de 37 kg,apparaissant dans plusieurs ouvrages savants, alors que s’il en pèse 5, c’est déjà pas mal !

Pour clore ces rencontres de la Tour Blanche, Gabriel Duverneuil rend compte du travail du Club Histoire à Jovelle en soulignant en premier lieu que l’on extrait de la pierre à la Tour Blanche depuis 800 ans parce qu’elle est tendre, donc se travaille aisément, non gélive et pouvant être immergée. A l’aide de diapositives, il donne un aperçu géologique de sa formation et de ses affleure- ments. De l’époque médiévale à nos jours, l’extraction s’est faite par des car- rières à ciel ouvert, il en reste deux encore en exploitation à Paussac. En 1836, la pierre de Jovelle est considérée comme excellente et des carrières souterraines sont creusées, en 1841 on ouvre la voie de la D14, en 1860, un effondrement se produit obligeant les exploitants à se plier à une nouvelle réglementation sur les dimensions des piliers de soutènement. En 1894, l’arrivée du chemin de fer, avec son pont de transbordement à la gare, permet d’augmenter le rayon d’acheminement des blocs. Gabriel Duverneuil décrit ensuite dans le détail le travail et les outils des carriers, leur éclairage : d’abord au pétrole puis à l’acétylène. L’exploitation des carrières souterraines de Jovelle nord s’arrête en 1894,et ces carrières connaissent alors une seconde vie grâce aux champignons de souche dont l’exploitation débute en 1904. Notre conférencier explique le processus de production des champignons et sa terminologie, qui sera utile dans le relevé des graffitis. Le Club, sous la houlette de Jean-Pierre Chadelle, archéologue départemental, a fouillé une carrière de meules au-dessus de l’abri orné. Depuis 2008, le Club Histoire se consacre au relevé systématique des graffitis des carrières. Plus de 1000 photos concernant la carrière de Jovelle Nord, ont été prises et classées. Elles nous renseignent sur les noms des carriers, dont certaines familles demeurent, leur production, le vocabulaire, la chronologie, les événements politiques comme Napoléon III, l’avènement de la République, Gambetta, le général Boulanger en 1886. Les graffiti des champignonnistes prennent le relais avec la guerre de 14 et la venue du Négus en 1935. Pour terminer, notre Président annonce un « scoop » en montrant une image superbe en couleur d’un rhinocéros préhistorique prise dans une carrière et avoue, après la surprise générale, qu’il s’agit d’un essai de reproduction de l’artiste GillesTosello, qui s’est entraîné pour son travail dans le fac-similé de la grotte Chauvet, un deuxième scoop est un portrait de Trotsky dessiné par un champignonniste.
Enfin, Gabriel Duverneuil émet le souhait que les carrières aient une troisième vie dans ce lieu de Jovelle qui montre une présence humaine de 25000 ans avec son abri orné, son château, ses carrières de pierre et de meules et enfin, ses champignonnières. Les rencontres se sont terminées dans la détente et la bonne humeur par un apéritif.
André Vigne

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