Rando patrimoine - Vendoire
Après
un accueil chaleureux agrémenté de quelques viennoiseries, ce sont 35
randonneurs qui ont pu profiter de l’exposition de photos de Léo Laffargue
avant de commencer la rando, après une présentation de faite par Michel Vergnaud de Léo Laffargue devant la
maison qu’il a habitée alors qu’il était instituteur dans le village.
Lucien
Léo Laffargue
est né à Trémolat en 1864, il exerce comme maître d’école à Vendoire à partir
de 1895. Comme le logement de fonction était encore occupé, il s’installe dans
la maison de Marguerite Montozier, faisant alors office d’épicerie, bar,
auberge et hôtel. Il y restera toute sa vie et, lorsque l’époux de Marguerite
décède, il épouse sa veuve. Il meurt en 1929.
Il
fut sans doute l’un des pionniers de la photographie en Dordogne et a fait
beaucoup de photos sur la région. En 2007, Paul Guimard, petit-fils de
Marguerite, remet ses 630 plaques de verre aux archives départementales
immortalisant des paysages ou évènements de Vendoire ou de Trémolat dont
beaucoup avaient été transformées en cartes postales.
Sa
deuxième passion était l’astronomie, c’est pourquoi il avait fait installer un
cadran solaire, aujourd’hui disparu, sur la façade de la maison.
François
Giroux nous a guidé ensuite pour la promenade découverte du patrimoine de
Vendoire
Après
être passé devant la « maison bleue », ancienne
maréchalerie devenue par la suite salle des fêtes et aujourd’hui habitation, le
groupe s’arrête sur l’ancienne place publique dite de « Marché-Dieu »
d’où l’on aperçoit une façade du château. De l’autre côté de la route
bordant le mur d’enceinte du château, on peut voir au sol une plaque de béton
fermant l’entrée d’un souterrain prospecté en 2004. Il fait 13 mètres de long
sur 6 mètres de large et s’étend sous les jardins du château. La plus grande
salle mesure 6 mètres sur 4,70 mètres et 1,80 mètre de hauteur et comporte une
autre salle, plus petite, et deux couloirs. Il est daté de l’époque médiévale.
L’église
aujourd’hui
Notre Dame de L’Assomption, portait autrefois le vocable de Saint Saturnin.
Construite au début du XIIème siècle sur l’emplacement d’une église du Xème
siècle dépendant de l’Abbaye de la Couronne, elle prendra son plan actuel lors des grands travaux de restauration du
XIXème (1876), époque également du projet de déplacement du cimetière à la
sortie du bourg où il se trouve aujourd’hui. Il reste peu de choses d’origine
sauf la façade, l’abside octogonale et ses absidioles. Elle a connu de
nombreuses restaurations au cours des siècles : en 1764, on lui adjoint
deux nouvelles cloches qui seront remplacées par une seule en 1843. A partir de
1860, lors des grands travaux, le clocher est rebâti, la nef refaite et l’autel
déplacé et, en 1895, le vitrail de St Saturnin est mis en place. La façade est
fort usée, elle présente une porte principale à trois voussures. Sa partie
haute a été remaniée, à l’origine, il devait y avoir trois étages.
A
l’intérieur, il y avait une tribune, une chaire, un baptistère sculpté et un
chemin de croix aujourd’hui disparus. La voûte du chœur, autrefois en lambris,
a été remplacée par un briquetage et l’accès au clocher se fait par une échelle
accédant au grenier. Elle est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des
Monuments Historiques par arrêté préfectoral du 24 juin 1948.
A
la sortie du bourg, dans
le mur d’une maison, on remarque une pierre provenant de la première église et
décorée en pointes de diamants puis l’on passe devant l’ancienne école où a
exercé Léo Laffargue, aujourd’hui devenue restaurant et l’on aperçoit le
nouveau cimetière aménagé en 1905.
Quelques
mots sur la vie économique du village : D’après l’enquête de 1835 : il
y avait alors 20 juments, 10 mâles et peu de mulets., 140 bœufs et des vaches,
230 moutons et 20 cochons. On cultivait du chanvre pour le tissu et les
cordages, il y avait 7 métiers à tisser à Vendoire. On cultivait aussi de la
vigne. Le vin n’est pas terrible, il est surtout vendu en eau de vie en
Charente. Avec la râpe, on faisait de la piquette et on donnait le résidu aux
animaux. On exploitait également le bois utilisé pour tout et on cultivait des
céréales.
Des
recensements (de 1835 à 1844) ont été
établis pour tous les villages (Source AD 24). En 1851, la population de
Vendoire est de 532 habitants dont 276 agriculteurs (dont 39 domestiques et de
nombreux journaliers), menuisier, charpentier, boulanger et forgeron.
Il
y a 8 moulins aux alentours, 1 seul sur la commune de Vendoire, les autres sont
sur Champagne (qui a été un des chefs-lieu de canton pendant quelques années
après la Révolution puis abandonné au profit de Verteillac resté alors seul
chef-lieu de canton. Champagne comptait alors 1200 habitants). Sur la Pude,
cours d’eau venant de Charente, on compte environ 20 moulins sur 20 kms. Les
meules venaient entre autres de St Crépin ou de la Tour Blanche.
Cf.
Ouvrage de François Giroux sur les moulins
Vendoire
avait une importante foire au mois de mars et, Quartier St Martin, un lavoir se
situait sur la Lizonne. Une procession de St Saturnin allait vers la fontaine
St Saturnin située sur la commune d’Auriac.
Le château : L’origine de la
seigneurie est la motte de Bourzac située plus haut, à environ 2 kms sur la
crête.. Le premier seigneur connu est Itier de Villebois mentionné en 1220.
En
1400, après la guerre de cent ans, le château de bois est brûlé et reconstruit
en pierres. En 1442 il est occupé par
Guy 1er de Mareuil puis Guy II. mais aujourd’hui, il n’en reste plus rien.
Au XVIème,il est détruit et les
seigneurs de Bourzac changent de lieu et s’implantent à Vendoire. En 1601, un
premier acte notarié fait mention de l’acquisition du domaine par Jean Raymond,
seigneur de Dignac (château de Breuil), à Jean-Louis de Nogaret, seigneur de La
Valette, duc d’Épernon. C’est sans doute à cette époque que sera construit le
premier château. Sa fille épouse François Jaubert de Sain-Gelais et
leur fille épouse Jean-Pierre de La Cropte en 1632.
De nouvelles constructions sont
réalisées avant 1782, date de la vente du domaine aux de Bouilhac (de Montignac), nouveau
changement de physionomie.
Il est revendu contre 400 000
livres plus le château de Chaumont à Charles Laurent de Villedeuil. Les communs
sont encore représentés en 1826 sur le cadastre napoléonien mais disparaissent
rapidement, de même que la boulangerie. Il y avait alors 2 fours et de 10 à 15
domestiques.
Il est ensuite revendu à un
marchand puis aux Simonnet au milieu du XIXème siècle, ils acquièrent le
château, 153 ha, 12 métairies et le moulin. Le fils a été maire et il épouse
Emily Kew.
Puis il est revendu aux Haviland venant
des USA qui vont implanter une manufacture de porcelaine à Limoges. Ensuite
c’est le déclin.
Il est aujourd’hui privé et ne se
visite pas.
Son architecture est similaire à
celle du château de la Vassaldie à Goût-Rossignol, ils ont peut-être eu le même
architecte vers 1690.
Compte-rendu fait par Sonia Breux-Pouxviel

