"Rando patrimoine - Vendoire" du 5 Septembre Compte-rendu fait par Sonia Breux-Pouxviel

 

Rando patrimoine - Vendoire

 

Après un accueil chaleureux agrémenté de quelques viennoiseries, ce sont 35 randonneurs qui ont pu profiter de l’exposition de photos de Léo Laffargue avant de commencer la rando, après une présentation de faite par  Michel Vergnaud de Léo Laffargue devant la maison qu’il a habitée alors qu’il était instituteur dans le village.

 


Lucien Léo Laffargue est né à Trémolat en 1864, il exerce comme maître d’école à Vendoire à partir de 1895. Comme le logement de fonction était encore occupé, il s’installe dans la maison de Marguerite Montozier, faisant alors office d’épicerie, bar, auberge et hôtel. Il y restera toute sa vie et, lorsque l’époux de Marguerite décède, il épouse sa veuve. Il meurt en 1929.

Il fut sans doute l’un des pionniers de la photographie en Dordogne et a fait beaucoup de photos sur la région. En 2007, Paul Guimard, petit-fils de Marguerite, remet ses 630 plaques de verre aux archives départementales immortalisant des paysages ou évènements de Vendoire ou de Trémolat dont beaucoup avaient été transformées en cartes postales.

Sa deuxième passion était l’astronomie, c’est pourquoi il avait fait installer un cadran solaire, aujourd’hui disparu, sur la façade de la maison.

François Giroux nous a guidé ensuite pour la promenade découverte du patrimoine de Vendoire

Après être passé devant la « maison bleue », ancienne maréchalerie devenue par la suite salle des fêtes et aujourd’hui habitation, le groupe s’arrête sur l’ancienne place publique dite de « Marché-Dieu » d’où l’on aperçoit une façade du château. De l’autre côté de la route bordant le mur d’enceinte du château, on peut voir au sol une plaque de béton fermant l’entrée d’un souterrain prospecté en 2004. Il fait 13 mètres de long sur 6 mètres de large et s’étend sous les jardins du château. La plus grande salle mesure 6 mètres sur 4,70 mètres et 1,80 mètre de hauteur et comporte une autre salle, plus petite, et deux couloirs. Il est daté de l’époque médiévale.

 


L’église aujourd’hui Notre Dame de L’Assomption, portait autrefois le vocable de Saint Saturnin. Construite au début du XIIème siècle sur l’emplacement d’une église du Xème siècle dépendant de l’Abbaye de la Couronne, elle prendra son plan actuel  lors des grands travaux de restauration du XIXème (1876), époque également du projet de déplacement du cimetière à la sortie du bourg où il se trouve aujourd’hui. Il reste peu de choses d’origine sauf la façade, l’abside octogonale et ses absidioles. Elle a connu de nombreuses restaurations au cours des siècles : en 1764, on lui adjoint deux nouvelles cloches qui seront remplacées par une seule en 1843. A partir de 1860, lors des grands travaux, le clocher est rebâti, la nef refaite et l’autel déplacé et, en 1895, le vitrail de St Saturnin est mis en place. La façade est fort usée, elle présente une porte principale à trois voussures. Sa partie haute a été remaniée, à l’origine, il devait y avoir trois étages.

A l’intérieur, il y avait une tribune, une chaire, un baptistère sculpté et un chemin de croix aujourd’hui disparus. La voûte du chœur, autrefois en lambris, a été remplacée par un briquetage et l’accès au clocher se fait par une échelle accédant au grenier. Elle est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté préfectoral du 24 juin 1948.

 

A la sortie du bourg, dans le mur d’une maison, on remarque une pierre provenant de la première église et décorée en pointes de diamants puis l’on passe devant l’ancienne école où a exercé Léo Laffargue, aujourd’hui devenue restaurant et l’on aperçoit le nouveau cimetière aménagé en 1905.

Quelques mots sur la vie économique du village : D’après l’enquête de 1835 : il y avait alors 20 juments, 10 mâles et peu de mulets., 140 bœufs et des vaches, 230 moutons et 20 cochons. On cultivait du chanvre pour le tissu et les cordages, il y avait 7 métiers à tisser à Vendoire. On cultivait aussi de la vigne. Le vin n’est pas terrible, il est surtout vendu en eau de vie en Charente. Avec la râpe, on faisait de la piquette et on donnait le résidu aux animaux. On exploitait également le bois utilisé pour tout et on cultivait des céréales. 

Des recensements (de 1835 à 1844)  ont été établis pour tous les villages (Source AD 24). En 1851, la population de Vendoire est de 532 habitants dont 276 agriculteurs (dont 39 domestiques et de nombreux journaliers), menuisier, charpentier, boulanger et forgeron.

Il y a 8 moulins aux alentours, 1 seul sur la commune de Vendoire, les autres sont sur Champagne (qui a été un des chefs-lieu de canton pendant quelques années après la Révolution puis abandonné au profit de Verteillac resté alors seul chef-lieu de canton. Champagne comptait alors 1200 habitants). Sur la Pude, cours d’eau venant de Charente, on compte environ 20 moulins sur 20 kms. Les meules venaient entre autres de St Crépin ou de la Tour Blanche.

Cf. Ouvrage de François Giroux sur les moulins

Vendoire avait une importante foire au mois de mars et, Quartier St Martin, un lavoir se situait sur la Lizonne. Une procession de St Saturnin allait vers la fontaine St Saturnin située sur la commune d’Auriac.

 


Le château : L’origine de la seigneurie est la motte de Bourzac située plus haut, à environ 2 kms sur la crête.. Le premier seigneur connu est Itier de Villebois mentionné en 1220.

En 1400, après la guerre de cent ans, le château de bois est brûlé et reconstruit en pierres.  En 1442 il est occupé par Guy 1er de Mareuil puis Guy II. mais aujourd’hui, il n’en reste plus rien.

Au XVIème,il est détruit et les seigneurs de Bourzac changent de lieu et s’implantent à Vendoire. En 1601, un premier acte notarié fait mention de l’acquisition du domaine par Jean Raymond, seigneur de Dignac (château de Breuil), à Jean-Louis de Nogaret, seigneur de La Valette, duc d’Épernon. C’est sans doute à cette époque que sera construit le premier château. Sa fille épouse François Jaubert de Sain-Gelais et leur fille épouse Jean-Pierre de La Cropte en 1632.

De nouvelles constructions sont réalisées avant 1782, date de la vente du domaine aux  de Bouilhac (de Montignac), nouveau changement de physionomie.

Il est revendu contre 400 000 livres plus le château de Chaumont à Charles Laurent de Villedeuil. Les communs sont encore représentés en 1826 sur le cadastre napoléonien mais disparaissent rapidement, de même que la boulangerie. Il y avait alors 2 fours et de 10 à 15 domestiques.

Il est ensuite revendu à un marchand puis aux Simonnet au milieu du XIXème siècle, ils acquièrent le château, 153 ha, 12 métairies et le moulin. Le fils a été maire et il épouse Emily Kew. Puis il est revendu aux Haviland venant des USA qui vont implanter une manufacture de porcelaine à Limoges. Ensuite c’est le déclin. Il est aujourd’hui privé et ne se visite pas.

Son architecture est similaire à celle du château de la Vassaldie à Goût-Rossignol, ils ont peut-être eu le même architecte vers 1690.


Compte-rendu fait par Sonia Breux-Pouxviel


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