Rando patrimoine - Allemans

 

Dimanche 2 septembre 2023

 

Rando patrimoine - Allemans

 

 

Départ devant la salle des fêtes avec l’association de Sauvegarde du patrimoine d’Allemans.

 

Quelques mots sur Allemans

Le nom :

Y a-t-il eu un peuple germanique à un moment donné ? ce serait une première hypothèse. La seconde serait que le terme vienne de « mans », propriété agricole.

Le village est cité avant l’an mil dans le cartulaire de St Cybard (Angoulême dont dépendait le Prieuré de Cercles), des Templiers sont installés à Comberanche au XIIIème siècle et en 1311 et 1360, on trouve mention de « Alamans » et « Alemani ».

 

L’histoire :

Ø Peu de vestiges pour la protohistoire mais deux lieux-dits ont livré des cercles circulaires et une hache polie.

Ø De la période Gallo-romaine, il reste deux bassins (cuves pour le moût de raisin) à Bonneval.

Ø La période franque a livré une hache marteau avec des caractères runiques (trident) datée de 450/470, au Maine du Bost.

Ø Pour le Moyen-âge, le cartulaire de St Cybard donne Allemans et Comberanche comme une « commune » dépendant de l’archiprêtré de Vieux Mareuil et atteste de la présence d’une commanderie à Comberanche.

On trouve les familles de St Astier (la Gilbertie d’Allemans) au XVème siècle puis Jaubert (par mariage en 1416) et Dulaud, originaire du Béarn qui épouse Sibylle Jaubert.

Ø Le deuxième tiers du XVIème siècle voit arriver le calvinisme dans les zones proches de l’Angoumois. Le protestantisme rencontre un grand intérêt de la Rochebeaucourt à St Aulaye. Calvin est présent à Angoulême en 1534 et c’est en 1566 que le culte protestant se structure à Allemans. Dulaud soutient Henri IV et se convertit au catholicisme en même temps que lui (Cf. registres en Angleterre).

Ø Au cours du XXème siècle, la guerre de 14 s’est soldée par une véritable saignée humaine et celle de 39/45 a vu le village d’Allemans coupé en deux, en 1940 , par la ligne de démarcation. Les Allemands de la division Brehmer s’installent à Allemans le 26 mars 1944 et saignent la région (mort de Dupeyrat).

Un fait divers raconte que le 27 juin 1966 la chute d’une météorite laisse cinq fragments (de 21 à 57 kg) à Allemans.

 

Les Hommes célèbres :

Ø La famille Dulaud d’Allemans a donné de nombreux militaires et philosophes.

Ø Joseph Morand (1757/1813) a été général de la Révolution puis de l’Empire.

Ø Emile Vivier a été député de la Dordogne.

Ø Elie Dupeyrat a été un imprimeur célèbre de partitions musicales.

 

Le patrimoine :

Ø L’église.

Ø Le manoir du Lau.

Ø Des constructions bourgeoises isolées :

ü La chartreuse de Paquie (1744).

ü La chartreuse de Montagne (1731).

Ø La demeure de la Rivière, pavillon de chasse du XVIIIème siècle.

Ø Le château des Meynard, logis XVIIIème avec ajout d’une tour au XIXème siècle.

Ø Le château de la Rigaudie (XIXème).

Ø Quelques fermes des XVIIIème et XIXème siècles.

Ø L’imprimerie Elie Dupeyrat.

 

Le circuit

Première halte : Le manoir du Lau. Visite et commentaires de Monsieur le Maire.



Le manoir du Lau est daté du XVIème siècle, il a été occupé jusqu’en 1939, date où il accueille des réfugiés alsaciens. Il est ensuite occupé par 200 allemands en 1940. Il est rattaché à la Charente.

En 1944 on projette d’en faire le presbytère mais le curé refuse à cause du loyer et la commune en fait des logements sociaux (avec utilisation de béton !) occupés jusqu’en 2004. La commune récupère alors un bâtiment dégradé mais le conserve. Sept à huit ans plus tard, une association se crée pour sa sauvegarde. Le bâtiment n’est pas classé mais l’association consulte tout de même les Bâtiments de France.

Le premier travail consistera en des destructions des éléments de béton. Puis viendra la restauration, les membres de l’association ont travaillé un samedi par mois pendant cinq ans.

Le bâtiment du fournil a été également restauré, il a fonctionné pour la première fois cette année : du pain a été cuit dans l’un des deux fours.

 

Le parc est encore en cours de réaménagement, au fond, un manège avait été construit pour la frairie de 1960, les décors en ont été récupérés et il est envisagé de le reconstruire.

 


Visite :

Ø La cave : un souterrain en partait pour aboutir dans une salle identique sous l’école et, peut-être une autre sortie dans un puit sous la bibliothèque. Les Allemands l’on occupée quand ils étaient les « douaniers » du lieu.

ØUn escalier en vis situé dans une tour hors oeuvre permet d'accéder au premier étage qui se divise en une grande salle et deux plus petites.

esL'escalier se poursuit pour donner accès au second étage, sous les combles, et se termine par une très belle charpente.

 

Deuxième halte : Le hameau de Savignac l’Allemans

Ø Il a été, au XIXème siècle, le siège d’une activité intense. Elie Dupeyrat, imprimeur de (papier de) musique est revenu s’installer dans le hameau où il exerçait en même temps une activité agricole. (A Allemans, il y a eu jusqu’à cinq éditeurs de musique.)

Ø Eliette Sagot, son arrière-petite-fille nous parle de lui : Son activité recouvrait la composition, l’orchestration et l’édition de musiques destinées aux bals. Il était toujours à l’affut de nouveauté et a même écrit de la musique pour le cinéma. L’imprimerie a fonctionné de 1840 à 1930. Les bâtiments actuels datent de 1873 pour l’imprimerie et 1897 pour la maison.

Il a édité des milliers de pièces et formé d’autres éditeurs et compositeurs.

Violoniste à la base, il fabriquait aussi de petits instruments et les restaurait.

Son fils Léon, franc-maçon, a repris le métier de luthier à Ribérac.

Un autre de ses fils, Atel, a repris l’imprimerie de Savignac mais a dû arrêter à cause de la récession d’entre deux guerres et de l’arrivée du phonographe.

ü Cf. Travail de Sylvain Roux pour la SHAP dont le fascicule se trouve aux Archives.

Ø Après cette présentation par Eliette Sagot un orchestre composé de membres de la famille nous a interprété plusieurs morceaux composés par Elie Dupeyrat. Un moment très émouvant.

 

Troisième halte : La Gilbertie (Le Gélibert)



Ø Visite par son propriétaire : il a acheté la maison après son mariage.

La maison est du XVIème siècle mais a connu des modifications à tous les siècles. Il s’agit d’une petite maison forte ruinée au XVIème siècle et restaurée au XVIIème avec l’ouverture de fenêtres plus grandes et l’installation d’un entrepôt au rez-de-chaussée.

L’entrée est peut-être du XVIème siècle.

Ø La maison a été agrandit au début du XVIIIème siècle et le pigeonnier a été remonté. En contrebas passe la route de Lusignac à Ribérac et la maison a connu des extensions en place d’anciennes constructions avec une porte sur la ruelle.

 

Quatrième halte : Eglise d’Allemans.



Ø Datée fin du XIIème – début XIIIème siècle, elle a été complétée par des contreforts au XVème siècle et a vu sa façade remaniée aux XVIIème

Ø Au XIXème siècle on a construit les chapelles latérales. La première, en 1852, est offerte par Ducluzeau de la Rivière et la seconde par les fidèles.

Ø Fin XIXème le clocher rectangulaire était coiffé d’un toit à quatre pentes mais, en 1905 il a suivi la mode des clochers pointus et l’on a construit un clocher sur le modèle de St Front de Périgueux (Abadie ou un de ses disciples ?).

ü Cf. notice de l’Abbé Brugières.

Il porte trois cloches fondues par Vauthier, maître fondeur à St Emilion : La première en 1833 de 850 kg, La seconde en 1858 de 300 kg, La troisième en 1880 de 350 kg.

Elle a un chevet plat et des traces de hourds qui servaient autrefois pour une chambre de défense. Elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire (ISMH) depuis 1926.

 

La promenade a été suivie par environ 80 personnes et s’est terminée par un repas partagé tiré du sac dans la salle des fêtes d’Allemans.

 

Sonia Breux

 


                Version Anglaise        Traduction: Finn Anson

Dimanche 2 septembre 2023

          Heritage Ramble - Allemans

 

Departure in front of the salle des fêtes with the organisation for the preservation of Allemans

 

Some words about Allemans

The name :

Had there been a germanic people at one point in time? This could well be an initial hypothesis. The second is that the origin is found in the term 'mans', a farm. The village is mentioned before the year 1000 in the chartulary of Saint Cybard (Angoulême, of which the priory of Cercles depended). The Templars were established in Comberanche in the 13th century, and in 1311 and 1360 both « Alamans » et « Alemani » are mentioned.

 

History :

Ø Few remains from protohistory, but a polished axe and stone circles were found in two hamlets.

Ø From the Gallo-roman period, there remain two containers (vats for grape must) in Bonneval

Ø From the Frank era, an axe-hammer was found with runes inscribed (trident) dating from 450/470, in Maine du Bost.

Ø During the middle ages, le chartulary of St Cybard labels Allemans  and Comberanche as a « commune » under the guidance of the archpriest of  Vieux Mareuil and attests to a commandery in Comberanche.

In the 15th century lived the family of St Astier (la Gilbertie d’Allemans) and then the Jaubert (through marriage in 1416) and Dulaud, originally from the Béarn who married Sibylle Jaubert.

Ø In the latter part of the 16th century Calvanism arrives in the region of Angoulême. Protestantism encounters much interest from La Rochebeaucourt to Saint Aulaye.  Calvin is present in Angoulême in 1534 and from 1566 onwards the protestant cult establishes itself in Allemans. Dulaud supports Henri IV and converts to catholicism at the same time as him. (Cf.English registers).

Ø During the 20th century ; the outcome of the Great War was human tragedy and the Second World War sees Allemans cut in two by the demarcation line. The Germans from the Brehmer division settled in Allemans on the 26th March 1944 and lay waste to the region (the death of Dupeyrat).

 

A story recounts that on the 27th June 1966 a falling meteorite left five fragments of between 21 and 57 kilogrammes in Allemans.

 

Famous People :

Ø The Dulaud family of Allemans had many military and philosophers.

Ø Joseph Morand (1757/1813) was general of the Révolution then of the Empire.

Ø Emile Vivier was MP for Dordogne.

Ø Elie Dupeyrat was a reknowned printer of musical scores.

Heritage :

Ø Church.

Ø The Lau manor-house.

Ø Isolated bourgeois houses :

ü La chartreuse de Paquie (1744).

ü La chartreuse de Montagne (1731).

Ø The 18th century hunting lodge of the Rivière.

Ø The château des Meynard, the main house dating from the 18th century and a tower was added in the 19th centuryl.

Ø The château de la Rigaudie (19th century).

Ø Some farms from the 18th and 19th century

Ø Elie Dupeyrat's printers.

 

The circuit

First stop : Lau Manor House. Guided visit from the mayor.

Lau manor-house dates from the 16th century and was occupied until 1939, when it was harbouring Alsatian refugees. It was then occupied by 200 Germans in 1940. It was connected to the Charente.

In 1944 it was to become the presbytery but the parish priest refused complaining of two high a rent, and so instead the commune created social housing (using concrete!!) that was occupied until 2004.

The commune then recuperated a somewhat deteriorated building and decided to keep it. Seven or eight years later an organization was created for its conservation. The building is not listed but the group does consult with the Historical Buildings (Bâtiments de France).

The first task was to demolish the concrete elements. Then came the restoration; members have worked one Saturday per month for the past five year.

The bakery was also restored and worked for the first time this year, bread being baked in one of the two ovens.

 

The park is still being replanted and in one part there was a merry-go-round, built for the 1960 festivities. The decorations have been recuperated and the idea is to restore it completely.

 

Visit :

Ø The cellar : an underground room that leads to an identical room beneath the school, with maybe an exit via a well beneath the library. The Germans occupied this space diring there time as 'customs men' of the region.

Ø A spiral staircase situated in a tower grants access to the first floor containing a large room and two smaller ones.

Ø The stairwell continues granting access to the second floor beneath the eaves and revealing a remarkable roof structure.

 

Second halt : The hamlet of Savignac l’Allemans

Ø During the 19th century it was a place of intense activity. Elie Dupeyrat,  printer of musical scores, returned to the hamlet and combinbed his activity with a working farm. (There were as many as five musical editors in Allemans)

Ø Eliette Sagot, his great-granddaughter introduced him : His activity covered composition, orchestration and musical editions for dances. He kept abreast of the times and even wrote some music for cinema. The printing works functionned from 1840 to 1930. The actual buildings date from 1873 for the printers and 1897 for the house.

He edited thousands of works and taught other editors and compositors

He was initially a violinist, and he crafted smaller instruments and restored them.

His son Léon, a free mason, continued the trade of instrument maker in Ribérac.

Another of his sons, Atel, took over the printers in Savignac but was forced to stop due to the recession between the two wars and the emergence of the phonograph.

ü Cf. Work by Sylvain Roux for the SHAP present in the archives

Ø  After this presentation by Eliette Sagot, a family orchestra interpreted several songs written by their ancestor, Elie Dupeyrat. A very moving moment.

 

 Third halt : La Gilbertie (Le Gélibert)

Ø Tour by the owner : He bought the house after his marriage.

The house dates from the 16th century with modifications made throughout the centuries. It was a small, fortified manor-house delapidated in the 16th and restored in the 17th century, with larger windows and a depot on the ground floor. The entrance is probably 16th century.

 

The house was extended at the beginning of the 18th century and the dovecote rebuilt. Below is the road from Lusignac to Ribérac, and the house has gone through changes with new extensions taking the place of past buildings, and an opening on the lane.

 

Fourth Halte : Allemans church.

Ø Dating from the late 12th to the early 13th century, it was completed with buttressing in the 15th century, and the facade revitalized in the 17th century

Ø The side chapels were built in the 19th century. The first  was patroned by Ducluzeau de la Rivière in 1852 and the second was patroned by the faithful.

Ø At the end of the 19th century the rectangular clock tower was covered by a four sided roof, but in 1905 it followed the contemporary fashion  of pointed bell-towers and one such  was built in the style of the cathedral St Front  in Périgueux (Abadie or one of his disciples ?).

ü Cf. note by l’Abbé Brugières.

It has three bells founded by Vauthier, Master founder in St Emilion : the first in 1833 of 850 kg, the second in 1858 of 300 kg, and the third in 1880 of 350 kg.

It has a flat chevet and there are traces of hoards serving in the past as defensive chambers. It is registered with the ISHM since 1926.

 

The ramble gathered 80 or so people and ended with a pot-luck lunch in the Salle des Fêtes in Allemans

 

Sonia Breux

 

Les de Lageard de Cherval, une dynastie de sénéchaux d'Angoumois (1554-1790)

 

Les de Lageard de Cherval, une dynastie de sénéchaux1 d’Angoumois (1554-1790)

Bien que son père, Hélie, seigneur du Bourbet, de Cherval et autres lieux, militaire et ambassadeur, fût connu de François 1er, alors comte d’Angoulême, qui l’avait dépêché en 1506 auprès de Louis XII pour demander la main de Claude, sa fille, c’est Laurent, seigneur de Cherval2, du Bourbet, etc…qui sera, en 1554, le premier de la lignée à être nommé sénéchal d’Angoumois par François 1er, en remplacement de Jean de Gontaut, démissionnaire et en remerciement des services rendus par… son père. En 1542, à la mort de celui-ci, il avait déjà hérité de la charge de Président en la Cour et Parlement de Bordeaux. En 1544, il avait épousé Gabrielle de Salignac de Fénelon, d’où treize enfants. Il décède en 1561 et elle en 1588, tous deux sont inhumés en l’église de Cherval. C’est Geoffroy, chevalier, seigneur de Cherval, Jovelle et autres lieux, né vers 1541, qui lui succéda comme sénéchal d’Angoumois mais aussi comme conseiller puis membre du Grand conseil du Parlement de Bordeaux. Puis vînt Philippe, seigneur du Bourbet, Cherval, Saint-Martial, Beauregard, etc…, conseiller du roi, confirmé sénéchal d’Angoumois par lettre d’Henri IV en 1600. Il épouse en 1599, Renée Goullard de Touverac avec laquelle il aura six enfants, dont François, chevalier et seigneur des mêmes lieux que son père, conseiller du roi, qui aura le titre de Grand sénéchal d’Angoumois, il épousera en 1647 Suzanne de Maron et résignera sa charge en 1675 au bénéfice de son fils Jean (alias Jean-Hélie), dont la nomination est confirmée par Louis XIV la même année. Le fils de celui-ci, Pierre, chevalier, dit marquis de Cherval, prendra sa suite en 1712, puis viendra à cette charge Jean-Hélie, comte de Cherval, baptisé en 1715 en l’église de Cherval, capitaine au régiment d’Harcourt, chevalier de Saint-Louis, Grand sénéchal d’Angoumois, qui avait épousé en 1751, Elisabeth le Musnier de Blanzac. Il a été tué à la bataille de Rossbach3 en 1757. Enfin, le dernier sénéchal de l’Angoumois sera Pierre, marquis de Cherval, né à Angoulême en 1752, page de la Petite écurie du roi en 1766. En 1780, il épouse Joséphine-Emilie de Menou. Il a comparu à l’assemblée de la noblesse en 1789, il sera nommé maire de Cherval le 2 juin 1808. Il meurt en 1830.

Sur près de 250 ans, c’est une même famille par huit de ses membres, qui a représenté en Angoumois et singulièrement dans l’enclave angoumoisine, dix rois de France, de François 1er à Louis XVI.

Pierre, puisque c’est l’un de ses privilèges en tant que Grand sénéchal aura été le dernier à réunir le ban et l’arrière ban de la noblesse d’Angoumois afin de rédiger les cahiers de doléances en vue des derniers états généraux de France.

Si les de Lageard se sont fait connaître par leurs capacités négociatrice, administrative et juridique, il faut souligner qu’au fil de l’Histoire, il se sont également illustrés dans le métier des armes. Ainsi, Nicolas, fils de François, baptisé en 1688 à Saint-Etienne de Nontron, fut lieutenant-colonel du régiment de Mgr le Dauphin et brigadier des armées du roi ; Raphaël, né en 1690, comte de Cherval, fils de Jean, fut major de la mestre de camp général dragon, commandant à Pont-à-Mousson ; son fils, Louis-Marie (1756-1834) fut officier de marine, effectua cinq campagnes et fut deux fois blessé ; nous avons vu Jean-Hélie, fils de Pierre, tué en 1757 à Rossbach. De nombreux autres membres de la famille s’illustrèrent dans les combats jusque Louis-Auguste, tué lors de la guerre de 1914-1918, sur le front d’orient et dont la tombe 6354 se trouve au cimetière français de Zeitenlick près de Tessalonique.

L’un des derniers représentants de la branche de Cherval,  Pierre a été maire du village en 1808 et son fils Aimé-Achille-Louis, marquis de Cherval, né en 1783, sera maire de Cherval de 1811 à 1831, puis de 1839 à 1842 et de 1844 à 1849.

 

Nicole Vigne.

 1 Représentant du roi dans les territoires moyens, le sénéchal est depuis le Moyen-Age à la fois chargé des affaires domaniales et financières, de la police et de la justice dans la sénéchaussée

2 Cherval a fait partie de l’enclave angoumoisine jusqu’à la Révolution, aussi le sénéchal était-il dit d’Angoumois.

3 Pendant la Guerre de Sept ans, la bataille de Rossbach a opposé les Français aux Prussiens et s’est traduite par une cuisante défaite des Français.

La sénéchaussée d’Angoumois

  La première mention d’un sénéchal d’Angoumois date de 1215, lorsque Jean sans terre, roi d’Angleterre lui confia les châteaux de Cognac et Jarnac et qu’il ordonna de réunir au comté d’Angoulême la châtellenie de Cognac auparavant unie au Poitou par Richard Cœur de Lion.

En 1218, le sénéchal était B. Dupuy1 , il semble bien avoir été le premier à cette charge. En 1250, le sénéchal Guillaume Foucauld2 apparaît dans un litige entre Yolande, comtesse d’Angoulême et Pierre II, évêque d’Angoulême, entre autres sujets de discordes concernés : des droits prélevés lors des foires de Saint-Martin. En 1278, c’est Geoffroy de Queyrayo qui est le sénéchal du comte d’Angoulême. Puis, jusqu’en 1316, la sénéchaussée est rattachée au Limousin, année où Philippe V, roi de France, unit le Limousin à la Saintonge. De 1317 à 1349 on nomme des sénéchaux royaux et des sénéchaux comtaux. La sénéchaussée et le siège du présidial d’Angoulême sont composés du sénéchal, de trois lieutenants-généraux tant pour le civil que la police ou le criminel, de deux lieutenants particuliers et de quinze conseillers. Il y avait encore un avocat du roi, deux substituts, un greffier pour la sénéchaussée, un greffier de la police et 48 procureurs. Dans les années 1350, la sénéchaussée d’Angoulême comprenait : le chef-lieu et le siège d’une prévôté, la châtellenie de Touvre, la prévôté de Villebois et la Tour Blanche (en Dordogne), celle d’Aubeterre, la châtellenie de Bouteville, la prévôté de Cognac et de Merpins. Les autres châtellenies n’étaient pas mentionnées, soit qu’elles fussent occupées par les Anglais, soit qu’elles dépendent du Poitou ou de la Marche.

Sous la domination anglaise, Edouard III Plantagenêt conserva l’organisation antérieure, cependant, la sénéchaussée d’Angoumois fut un temps associée à celle de Saintonge jusque vers 1366 où Henry de la Haye s’intitulait sénéchal d’Angoulême. On notera qu’un Anglais a été sénéchal d’Angoumois : Richard Tottesham, nommé par Edouard III en 1361.

Au fil des ans, de 1218 à 1789, ce sont 34 sénéchaux qui auront précédé les 8 de Lageard qui mettront fin à la charge avec la Révolution.

 

 

 

1 Bulletin de la SAHC année 1935

2 J.M. Ouvrard, Sénéchaussée d’Angoulême